Marion Agostini, Le rouge-gorge de Cempuis, éd. le lys bleu, 2025.
Le rouge-gorge de Cempuis raconte l'expérience pédagogique de Paul Robin à l'orphelinat de Cempuis entre 1880 et 1894, une période oubliée. Le roman met en lumière son courage et ses expérimentations avant-gardistes, inspirant des éducateurs comme Faure et Freinet, mais étouffées par l'Instruction publique. Défendant l'égalité, la mixité et une éducation vivante, l’œuvre de Robin renaît ici, offrant une alternative pédagogique pleine de promesses pour l'avenir. Une révolution éducative toujours d'actualité, prête à éclore.
Nicolas Go, Pour l'École moderne, la pédagogie Freinet aujourd’hui, éd. Chronique sociale, 2022.
L’École moderne, c’est le nom du mouvement international de la pédagogie Freinet. Ce n’est pas une chapelle, vouée à conserver dans le formol du dogmatisme le nom propre de son fondateur. Ce n’est pas non plus un collectif d’originaux, de témoins, minoritaires et condamnés à le rester, au sein de la « galaxie » desdites « pédagogies alternatives ».
C’est une entreprise coopérative historique, qui s’adresse à la grande masse des éducatrices et des éducateurs, et qui leur dit : l’émancipation commence dès l’enfance, et requiert bien mieux que la simple instruction. Elle requiert l’institution de la souveraineté des élèves sur leur propre travail, et par là l’expérimentation de la joie de vivre. Il ne suffit pas de changer le rapport au savoir, mais de transformer les rapports de production des savoirs. Être « acteur de ses apprentissages », ça ne suffit pas. En coopération, formons des auteurs, afin que chacun invente son devenir, dans une culture du travail redéfinie en commun.
Ce petit ouvrage ne fait pas de propositions empiriques en pédagogie Freinet, on les trouvera ailleurs. Il en explore les grands principes, afin que la pratique y trouve son orientation féconde.
Nicolas Go, Freinet : l'alternative, Principes et orientations, éd. Chronique sociale, 2022.
L’intention de ce livre est de recentrer la réflexion et les pratiques de la pédagogie Freinet contemporaine sur ses principes fondamentaux.
« Dans le champ de l’éducation, déclare l’auteur, je ne crois pas qu’il faille négocier les réformes, discuter des conceptions dominantes, influencer les politiques éducatives, contribuer à l’innovation. Non, si la notion de pédagogie alternative a un sens (faussement attribué à beaucoup des pédagogies ainsi nommées), c’est celui d’une alternative radicale (alter signifie “autre”) : celle de l’école du peuple, qui institue la souveraineté des enfants (des adolescents, des étudiants) sur leur propre travail. Comment ? Par l’institution coopérative du travail. »
En quoi consiste en propre cet effort pour sortir de la scolastique et inventer son alternative : une École émancipatrice pour tous les enfants, et cohérente avec la perspective d’une société égalitaire ? En quoi consiste ce commun capable de produire à la fois l’enthousiasme d’un affect joyeux et la détermination d’une lutte obstinée ?
La réponse ne peut être que celle-ci : par la poursuite réfléchie d’une action collective à laquelle chacun participe. En introduction de son livre L’Éducation du travail, fruit de son séjour dans les camps de Vichy, Freinet écrivait : « dans les moments les plus pénibles de ma vie, […] je vois mes sources ». C’est ce qu’il m’a semblé qu’il fallait faire, une fois encore. Car les sources coulent, se transforment en rivière, puis en fleuve, pour se jeter enfin dans la mer. »
Lycée Auguste et Louis Lumière de la Ciotat, Pédagogie de l’égalité, Freinet au second degré, éd. Chronique sociale, 2020.
Ce livre est modeste. Mais c'est la modestie de l'audace. "Les enseignants parlent aux enseignants", pourrait-on dire.
Et que disent-ils ? "Nous sommes tous capables", et il n'est pas nécessaire de s'en remettre au discours des experts pour savoir quoi ni comment faire.
L'idée est simple : achever la construction de l'école du peuple, sans cesse trahie, entravée, niée. Qu'est-ce que l'école du peuple ? Ce n'est pas celle où tous tous peuvent aller, condition nécessaire mais non suffisante. C'est celle où tous peuvent s'émanciper.
Achever sa construction signifie deux choses : premièrement, qu'elle est déjà commencée, qu'elle est riche d'un déjà-là, qu'il s'agit de mettre en lumière, d'améliorer et de généraliser ; deuxièmement, qu'elle fait l'objet d'une volonté d’accomplissement, d'une obstination à la conduire au terme de son processus, là où les conditions égalitaires de base seront réunies pour la poursuite de son évolution.
Cette idée simple engage un enjeu politique fondamental, celui de la construction d'une société égalitaire, et renvoie au problème pédagogique correspondant : la mise en œuvre d'une pratique éducative émancipatrice.
Oui, ce livre est modeste. Il ne prétend rien et ne dénigre personne, il ne formule aucune injonction. Il rend compte, et s'efforce de comprendre. C'est un effort que nous faisons par nous-mêmes sur nous-mêmes, et que nous proposons à la lecture. Son effet est l'approfondissement commun de la joie de vivre. Son audace est d'espérer pouvoir en quelque chose contribuer à l'histoire des luttes égalitaires.
Françoise Dor, Pratiques Freinet et coopération, éd. Chronique sociale, 2019.
À l’origine du projet, il y a un groupe d’institutrices maternelles et le désir de mettre par écrit le fonctionnement de leurs classes organisées en ateliers libres, permanents et coopératifs.
Détailler quelques ateliers en particulier, partager avec d’autres praticiens de la maternelle et du primaire ce qu’elles vivent quotidiennement dans leurs classes leur semblait nécessaire et utile.
À travers ce livre, les auteurs souhaitent mettre à disposition des praticiens, non des recettes, mais une manière de vivre ensemble et d’apprendre naturellement, dans un esprit de coopération.
La réalisation de ce livre est le fruit d’un travail coopératif : témoignages d’expériences vécues, rédaction des textes, mise en pages…
Ce livre se veut très accessible, utile et pratique pour les praticiens tout en les invitant à la réflexion et au questionnement.
Paul le Bohec, L'école, réparatrice de destins ?, éd. L'Harmattan, 2007.
Curieux de connaître les raisons de mon si fort investissement dans la pédagogie, j’ai analysé ma trajectoire de vie et, dans la foulée, celles de quelques-uns de mes anciens élèves. J’ai alors découvert que certains d’entre eux, que j’avais cru déficients, n’étaient en fait qu’encombrés. Grâce à la pédagogie de l’expression-création, un nettoyage intérieur leur avait permis de devenir, à l’égal des autres, capables de connaissance.
« L’expression, a dit Pierre Boulez, suppose un explosif. Il faut donc un explosif et une amorce, un détonateur pour l’allumer. »
Pour moi, c’est clair : l’explosif existe en toute personne de par ses débuts dans la vie, à travers ses incidents et ses accidents d’enfance. Et chaque création d’une nouvelle technique pédagogique constitue une nouvelle amorce.
Je pense en définitive que l’enseignant devrait permettre à chacun de se construire une culture personnelle, sur la base de ses données de départ, par le moyen de l’expression-création et au sein d’un groupe positif. Paul Le Bohec